
Atelier participatif Desvres
« Quelques places de stationnement en moins pour donner plus d’espace à la convivialité »
Cette remarque est celle d’un commerçant installé sur la place L. Blum à Desvres (62° lors de l’atelier participatif sur le réaménagement du centre-ville de la commune. En effet, notre agence, dans le cadre de la mission d’étude et de faisabilité du réaménagement du centre-ville, a animé récemment un atelier de participation lors du marché hebdomadaire de la commune. Lors de cet événement participatif, nous avons présenté plusieurs scénarios d’aménagement et recueilli pour chaque scénario les remarques positives ou négatives de participants.
Mais revenons sur cette remarque qui a de quoi interroger, surtout venant d’un commerçant !
Sans tomber dans la caricature, nous constatons comme beaucoup de professionnels de l’aménagement, la demande récurrente du public en général (habitants, commerçants, associations…) de maintenir, voire augmenter la capacité en stationnement des espaces publics, qui plus est pour les commerçants dont l’activité est directement impactée par les choix opérés par le maître d’ouvrage public.
Parallèlement, professionnels de l’aménagement comme maître d’ouvrage (élus, techniciens, partenaires…) déplorent régulièrement la difficulté à « modifier » les habitudes de déplacement. « Si les gens pouvaient garer leur véhicule dans l’école », « il y a un parking à 5 minutes à pied… mais c’est encore trop loin pour les habitants ».
A ce titre, l’approche de la « Ville du ¼ d’heure » élaborée par Carlos Morano a été un exemple inspirant pour la démarche qui a été menée sur la commune de Desvres, petite ville de l’arrière-pays boulonnais et bourg-centre de son intercommunalité. L’objectif de rapprocher les lieux de vie des différents équipements (commerces, loisirs, espaces culturels et sportifs…) en facilitant les mobilités douces entre ces espaces supposait cependant de redonner toute sa dimension conviviale à l’espace public, trait d’union entre ces différents espaces.
Urbanistes-programmistes, nous nous sommes appuyés sur une démarche fondée sur les usages pour alimenter ce travail de redéfinition de l’espace public. A partir de données « usager », nous avons, par exemple, finement cartographié les parcours des élèves des établissements scolaires, les occupations temporaires (foire, marché, brocante…), les espaces du centre-bourg à mobiliser au profit des acteurs commerciaux.
Et c’est ce parti-pris fondé sur les usages et pratiques qui nous a permis de cibler les espaces publics stratégiques du centre-bourg et de proposer des solutions afin de les activer, notamment en retissant un réseau de petits espaces publics facilement identifiables et connectés, favorables à de multiples usages (terrasses pour les commerces, convivialité, pause…).
Cette démarche illustre parfaitement notre conviction quant à l’objet de démarche participative auprès du public : faire dialoguer intérêt personnel et intérêt général. Si les intérêts/enjeux privés constituent un point de départ de l’expertise d’usage du public, ils sont également un socle nécessaire pour aller vers une réflexion plus large, plus ouverte sur les enjeux de la Ville Durable.
« …Sans tomber dans la caricature, nous constatons comme beaucoup de professionnels de l’aménagement, la demande récurrente du public en général de maintenir, voire augmenter la capacité en stationnement des espaces publics, qui plus est pour les commerçants dont l’activité est directement impactée par les choix opérés par le maître d’ouvrage public. »

